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« AVEC OBSTINATION ET DÉTERMINATION, JE VOULAIS FAIRE EXISTER MON TRAVAIL. »

Philippe Cognée peint depuis 35 ans dans la quiétude et la concentration. de son enfance Béninoise à la banlieue nantaise, en passant par les années d’enseignement à Angers et à Paris, il nous raconte les déclics, les virages et les rencontres qui ont jalonné son parcours.

Extrait de l'article de Décembre 2018

« Je suis rentré en France en 1974 pour suivre ma terminale, puis j’ai intégré l’école des beaux-arts de Nantes dans la foulée. J’ai été étudiant un peu plus longtemps que prévu. J’en suis sorti au bout de sept ans au lieu de cinq. Je n’étais pas pressé de sortir !

À l’époque, j’étais trés timide et un peu introverti. Je n’arrivais pas à parler de mon travail, et comme on sortait de Mai 68, il était préférable d’avoir un discours conceptuel. J’avais choisi la peinture, ce qui n’était pas toujours bien vu à l’époque. Les peintres étaient un peu regardés de haut, malgré l’apparition de la Figuration libre en France, ou la trans-avant-garde italienne. Les écoles voulaient privilégier les autres moyens d’expression. Moi, non seulement je m’exprimais à travers la peinture, mais en plus je ne parlais pas beaucoup, c’était donc un double handicap !

(...) Durant les deux dernières années d’études, j’ai commencé à exposer avec des amis dans la région de Nantes. En 1982, nous avons été présentés par Sylvie Zavatta [actuelle directrice du Frac de Bourgogne-Franche-Comté, ndlr] qui avait monté une exposition à Rennes avec des artistes comme Jean-Charles Blais ou Loïc Le Groumellec. Ce fut ma première exposition hors de Nantes. Puis, j’ai été repéré par un jeune duo qui sillonnait la France, composé d'Hector Obalk et Jean de Loisy, à la recherche de nouveaux artistes. Dans les années 1980, les choses bougeaient pas mal. Avec l’aide de la Drac et des Frac, un artiste pouvait être assez rapidement repéré à l’époque. Je participais à de modestes expositions collectives et pourtant je n’avais pas d’inquiétude sur la carrière que j’allais engager. Avec obstination et détermination, je voulais faire exister mon travail.

(...) J’ai rapidement intégré la galerie Gillespie-Laage-Salomon à Paris, et ensuite la galerie Arlogos à Nantes, dirigée par Didier Larnac. Un peu plus tard en 1991, je suis rentré à la galerie Alice Pauli à Lausanne et j’ai fait ma première exposition à la galerie Daniel Templon en 2003. J’ai fait bon nombre d’expositions personnelles ponctuelles dans d’autres galeries françaises et internationales.

« C’est à Rome que j’ai pris conscience que j'étais un homme libre dans ma banlieue nantaise, que je voulais parler du monde tel qu'il était en cette fin de XXe siècle, et déplacer ce monde dans ma peinture. »

(...) Le déclic est venu d'un texte de Clemente qui disait : « Il faut se lever le matin et ne pas se poser la question du sujet. » Répéter un signe primitif comme je l’avais fait jusqu’à présent était en train de s'épuiser en moi et devenait presque un travail de style. Je me suis posé la question du monde qui m’entourait : quel était-il ? Comment vivait-on ? Quels en étaient ses signes les plus emblématiques ? C'est dans mon atelier de Rezé que j'ai trouvé les réponses, dans ce no man's land entre la grande ville et la banlieue campagnarde, sans intérêt aucun. Là, entre le supermarché, le périphérique à quatre voies, les vaches, les panneaux publicitaires et les barres d’immeubles, je me suis dit que notre monde ressemblait à cela et que c’est ça dont je voulais parler. »

(...) Être représenté par une galerie, était-ce un but à atteindre, une finalité pour vous ?
« Oui. C'était absolument nécessaire et même indispensable pour diffuser mon travail. Les galeries sont les relais nécessaires dans le monde d’aujourd’hui. Elles donnent une caution au travail. Les collectionneurs et les institutions leur font confiance. Le choix des artistes par les galeries est très important pour leur propre crédibilité et être choisi par une galerie importante, c’est entrer dans la famille des artistes qui constituent son histoire. »

« Le principal est d'être le plus personnel possible dans son écriture et aller jusqu'au bout de ses idées. »

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