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COMMENT ASSURER SES CRÉATIONS POUR UN SALON ?

Assurance d'œuvres

Nathalie C. est photographe. Elle veut assurer ses photos lors des salons auxquels elle participe chaque année, à titre personnel. Quelle assurance souscrire ? Quelle est la valeur d’assurance à déclarer pour ses œuvres ? Est-elle la même que leur valeur marchande ?

Souvent, l’assurance proposée dans la prestation de location d’espace d’exposition lors d’un salon artistique comporte de nombreuses causes d’exclusion de garantie ou des montants de franchise tellement élevés que l’éventualité d’indemnisation en cas de sinistre est quasi nulle. Nathalie adonc intérêt à souscrire elle-même une assurance tous risques « exposition », en formule « clou à clou » ou en formule hors transport, juste pour le temps du salon.

La couverture tous risques « exposition » lui permet d’être indemnisée en cas de dommages affectant ses photos. C’est une assurance temporaire souscrite pour la durée du salon, en extension ou non de l’assurance de son atelier. Elle protège contre le vol, le vandalisme, la perte, éventuellement l’incendie, le dégât des eaux, la casse pour les œuvres cassantes en terre cuite, céramique, porcelaine ou verre. En formule « clou à clou », l’assurance couvre le transport aller et retour de l’atelier en plus du séjour lors du salon. Il est important de lire et d’analyser scrupuleusement les clauses du contrat d’assurance, les conditions générales et conditions particulières avant de signer pour vérifier que l’assurance est bien adaptée aux besoins. Lors de la souscription du contrat, il est établi une liste descriptive des œuvres à assurer, avec leur valeur, et sont mentionnés l’adresse de départ, le lieu d’exposition, la durée, les moyens de protection mis en place lors du salon et le type de transport envisagé (propre compte, transporteur aérien, maritime, etc.).

Pour la valeur d’assurance, laquelle devant servir de référence en cas de dommage, il est possible de choisir entre la valeur déclarée et la valeur agréée. La valeur d’une œuvre d’art assurée en valeur déclarée est déterminée par l’artiste, lors de la souscription du contrat. En cas de sinistre, l’assuré doit apporter les éléments de preuve de la valeur de l’œuvre endommagée, tels que des prix de ventes récentes ou de coûts particuliers de production. L’indemnisation ne sera néanmoins supérieure à la valeur d’assurance définie. En valeur agréée, la valeur assurée est déterminée après une expertise fixant celle-ci en fonction de l’œuvre, de la réputation de l’artiste et du marché. Cette valeur est acceptée par l’assureur et l’assuré, elle égale le montant indemnisé en cas de sinistre.

Que le contrat d’assurance se réfère à une valeur déclarée ou agréée, il est d’usage que la valeur d’assurance tende à approcher la valeur vénale (ou valeur marchande), soit le prix qu’une œuvre serait susceptible d’atteindre quand elle est mise librement sur le marché ou bien un prix dit « justifié », tel qu’utilisé par les galeristes, reflétant la cote de l’artiste en fonction de l’œuvre, son travail, ses perspectives de progression.

Les niveaux de garanties étant très différents d’une compagnie à une autre, il est recommandé de les mettre en concurrence. Ajoutons que la prime d’assurance est calculée en pourcentage du budget de l’exposition (5 à 15 %) ou de la valeur des œuvres (0,1 à 0,3 %). La zone géographique influence aussi la cotisation en fonction du pays où se déroule le salon, selon le niveau de risques.

Véronique Chambaud, Consultante et auteur / abs 3.0

www.chambaud.net

En savoir plus : lire Contrats du monde de l’art - artiste peintre, sculpteur, plasticien par Véronique Chambaud (ars vivens, 2017 - isbn 9782916613413), et Prix et valeur de l’art - argent, beauté, marché par Éric d’Espiguers (Ars vivens, 2017 - ibsn 9782916613444), livres disponibles en librairie et sur arsvivens.net - chambaud.net

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