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Intégrer une coopérative d’activité et d’emploi culturelle

Reportage

Parmi les possibilités juridiques et économiques qui s’offrent au travailleur indépendant qui souhaite lancer son activité, il existe la coopérative d'activités et d'emplois (CAE). Plutôt que de monter une association ou une entreprise individuelle, un professionnel de l’art peut rejoindre ce type de regroupement social et solidaire d’entrepreneurs. Mais c’est quoi au juste ? Réponse avec l’exemple de la coopérative alsacienne Art en réel.

(extrait)

Démarrage en douceur

La coopérative d’entrepreneurs existe depuis le milieu des années 1990, prenant au fur et à mesure des années et des lois relatives à l'économie sociale et solidaire, l’acronyme de CAE pour Coopérative d'activités et d'emplois.

Cette forme d'entrepreneuriat collectif permet de lancer une activité professionnelle en étant aidé à la fois dans l’administration et la facturation, via un CAPE (Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise) qui permet dans un premier temps de démarrer l’activité, de tester sa viabilité, avant de devenir s’il le souhaite entrepreneur-salarié de la coopérative, en contrat à durée indéterminée, et ainsi s’assurer une protection sociale complète (couverture sociale, congés maladie, congés payés, etc.).

C’est en 2004, que Stéphane Bossuet et Joël Beyler, jusque-là actifs dans le domaine de la gestion du secteur culturel, ont l’idée de lancer à Strasbourg une coopérative d'activités et d'emplois dédiée à la culture, Art en réel, la première en France, trouvant là un parfait modèle à adapter pour répondre aux principales problématiques du secteur : la pluriactivité et la précarité.

Centralisation et esprit d’entreprise

Si l’activité artistique relève principalement du droit d’auteur, donc de la Maison des Artistes ou l’Agessa, la Coopérative ne sera pas forcément le choix le plus judicieux.

Mais c’est en effet à la pluriactivité, réalité de notre époque, qu’elle semblerait répondre le mieux : « Je suis artiste, enseignante, art-thérapeute, animatrice et médiatrice », explique Christelle Gonsalves, membre d’Art en réel depuis 2017, « si je m’étais mise à mon compte, j’aurais dû cumuler les statuts et les numéros de Siret, à la Maison des Artistes, en autoentreprise… Cela aurait été trop compliqué à gérer seule. Là, tout est centralisé et je peux facturer tout ce que je fais sur le même mode », témoigne cette ancienne étudiante de la HEAR.

L’intérêt pour un professionnel de l’art multi-casquettes, c’est l’unicité du numéro de SIRET, en l’occurrence celui de la CAE, émettrice des factures. « La Coopérative convient également aux personnes à l’esprit d’entreprise », souligne Hélène Cavarelli, chargée de mission pour Info Conseil culture, structure interne d’Art en réel qui accompagne des porteurs de projet, « nous les aidons à le développer, à savoir démarcher ou fidéliser des clients, etc. ».

Ateliers / coaching / outils

Dans les prérogatives de la Coopérative figurent le suivi et l’accompagnement. Des sessions de formations et d’informations sont dispensées régulièrement aux entrepreneurs. Chaque membre a un référent, spécialisé par secteur d’activité, avec lequel il s’entretient environ une fois par mois, autour du développement du projet professionnel mais aussi la gestion de l’activité.

« Nous avons souvent affaire à des personnes qui se sont formées à des métiers artistiques, mais moins à la manière de les pratiquer », remarque Magali Ribeiro, chargée d’accompagnement dédiée aux porteurs de projets arts visuels et métiers d’arts auprès d’Art en réel. « L’accompagnement qu’on leur propose, c’est de se familiariser avec des outils, pour imaginer l’activité dans sa globalité. Tout cela peut être effrayant lorsqu’on veut se lancer dans une activité, et on ne sait pas par quel bout commencer, ni qui solliciter. Cela peut faire perdre beaucoup d’énergie », explique-t-elle.

Des ateliers d’apprentissage ou d’information sont régulièrement organisés par Art en réel à Mulhouse ou Strasbourg. « On s’y inscrit en fonction de l’intérêt que l’on peut avoir pour tel ou tel thème, à telle étape du parcours professionnel. Comment gérer mon entreprise, le marketing, comment prendre la parole en public, comment créer les outils de communication sur internet, comment parler de son travail lorsqu’on est artiste, ou encore comment utiliser le logiciel de facturation créé par la coopérative. La comptabilité est complexe, d’autant plus lorsqu’on est seul, mais là, c’est facile et très ludique. Il suffit de rentrer son nombre d’heures et tout est calculé. On peut ainsi faire des devis, des notes de frais, etc. On est très bien accompagnés, tout en permettant de développer notre autonomie, c’est cela qui est intéressant. On n’est pas infantilisés. On nous donne les clés pour pouvoir grandir », affirme Christelle Gonsalves. Le suivi d’un membre passe également par la gestion des relances qui, pour un travailleur indépendant, peuvent être délicates et épuisantes : si un client ne paie pas, c’est la coopérative qui prend les choses en main.

Artistes-en-cooperative © Ivan Schneider-Snyd

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