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J’ai fait une école d’art, et maintenant ?

Les témoignages de diplômés

Devenir artiste est un long parcours, jalonné d’étapes, avec ses difficultés et ses réussites, mais il commence avant tout par une formation. Art Insider prend le pouls des étudiants fraîchement sortis des écoles, à travers une nouvelle chronique. Elle commence avec quelques jeunes diplômés de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris rencontrés à l’occasion de l’exposition « 100% Beaux-Arts » à la Villette. Entre galère d’atelier, plan B et exaltation, voici un court panorama des sentiments post-diplôme.

(extrait)

6e année : entre scolarité et professionnalisation

« Après le diplôme, on fonctionne beaucoup au tuyautage entre étudiants. C'est un peu "les Anciens" qui guident les nouveaux sortants dans la jungle. Les réseaux sociaux jouent un rôle important pour tout ce qui concerne les démarches, échanges de bons plans, recherches d'atelier, etc. Les beaux-arts proposent également un post-diplôme optionnel, aussi appelé la "6e année", pour une transition moins abrupte. C'est comme une année bonus où l'on peut encore garder un pied dans l'école tout en démarchant à l'extérieur. Ayant opté pour la 6e année, j'ai encore pas mal utilisé mon atelier des beaux-arts, principalement pour stocker des pièces le temps de trouver autre chose. »

Claire Isorni (Née en 1991, vit et travaille à Paris. Diplômée en 2007)

Paris/Tourcoing

« Actuellement, je bénéficie d'un cadre de travail privilégié : je produis pendant deux ans mes projets au Fresnoy, Studio national des arts contemporains à Tourcoing. Cela m'offre le soutien d'une structure de production, sans les contraintes liées à l'industrie ou au marché. »

Pierre Pauze (Né en 1990. Diplômé en 2016)

Pensée, précarité, liberté

« Les Beaux-arts m'ont apporté d'une manière générale une grande liberté. Ce sont des lieux qui apprennent à poser une réflexion et un regard différents sur ce qui nous entoure. Et pour peu que l'on y soit réceptif, ils sont à la base du développement d'une démarche, d'une vision et d'une pensée singulières qui permettent de prendre position dans le monde actuel. Il n'y a de pas de chemin tout tracé à la sortie des beaux-arts, d'autant plus que c'est une formation dite « non-professionnalisante » : on y apprend énormément de choses, autant sur le plan théorique que technique. Cependant, ce qui est commun à la grande majorité des parcours, c'est que l'on traverse beaucoup de précarité et de débrouille. »

Clémence Roudil (Née en 1989, vit et travaille à Paris. Diplômée en 2015)

Valeur ajoutée

« La transition est très dépendante des démarches initiées durant le cursus. C'est surtout de ne pas avoir d'atelier qui pose problème, et le prix des espaces est décourageant. Ma démarche ne nécessite pas d'espace dédié, mais il me manque tout de même un lieu propice à la réflexion, et à la dynamique de groupe. »

Vincent Deleplanque (Né en 1992, vit et travaille à Paris. Diplômé en 2017)

Lucidité

« Je vais travailler pour vivre, payer mon loyer, etc. et travailler pour moi à côté, à l'atelier. Peut-être qu'il y aura des périodes où ce sera moins facile que d'autre, mais j'ai conscience qu'il faut s'en donner les moyens. Je vois mon avenir toujours en mouvement pour trouver des solutions alternatives et collectives, pour créer ses propres occasions pour travailler, rendre visible et partager notre art »

Florentine Charon (Né en 1990, vit et travaille à Paris. Diplômée en 2017)

© Pierre Pauze

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