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La Station (nice)

Rendre les artistes visibles auprès des professionnels de l’art

Situé dans les anciens abattoirs de la ville de Nice depuis 2009, La Station est un lieu de travail et d’exposition pour artistes émergents qui rayonne bien au-delà du paysage azuréen.

(extrait)

C’est sur le vaste site du 109, sorte de hub culturel dédié à la création contemporaine, que La Station a pris ses quartiers en 2009. Cet artist run space formé par trois artistes membres fondateurs (Cédric Teisseire, Pascal Broccolichi et Marc Chevalier ) et Florence Forterre. Actif depuis les années 90, s’étend sur quelque 1000 m², soit 700m² d’ateliers et 300 m² d’espace d’exposition.

Bien que white cubé pour accueillir les œuvres, le lieu d’exposition garde les traces façon « indus » de son activité d’autrefois : un plafond traversé d’une centaine de mètres de rails, vestige des moyens de circulation des carcasses de viandes (dont se sont par exemple saisis les artistes Delphine Reist et Laurent Faulon, faisant reposer tout leur principe d’accrochage sur le dessin des rails).

Subventionné par l’Etat, les collectivités et des partenariats ponctuels selon les projets, La Station y organise entre 3 et 4 expositions par an intra-muros. « Dans un échange de bons procédés, les artistes de La Station apportent leurs compétences et leur force de travail et en échange, ils bénéficient d’un lieu de travail gratuit. Car, bien sûr, on ne s’expose pas nous-mêmes, mais générons des projets en invitant des artistes d’ailleurs. La spécificité de la Station, c’est un regard d’artistes sur d’autres artistes », explique Cédric Teisseire, désormais directeur artistique du 109.

« On travaille la programmation collectivement avec les artistes membres de La Station, et une chargée de production. Le cœur de notre travail repose sur l’émergence, que ce soit à travers la programmation ou les résidences », qui comprennent deux types d’occupants : temporaires et permanents. Si les résidences permanentes s’adressent davantage aux artistes niçois puisqu’il s’agit d’un outil et lieu de travail sur le long terme (qui affichent complets), la seconde catégorie bénéficie depuis 2017 de deux appels à résidences par an, qui donnent lieu à une exposition à la fin de l’année. « Nous avons cinq nouvelles recrues cette année, qui ont moins de 30 ans, qui sont sortis de la Villa Arson il y a deux ans. C’est un lieu de visibilité et de professionnalisation aux artistes émergents », souligne Cédric Teisseire. « Cela ne nous empêche pas de travailler avec des artistes confirmés, et parfois de mêler les deux dans des expositions collectives ».

Et l’on en comprend tout l’intérêt : l’association d’émergents et confirmés permet aux artistes en début de parcours de s’inscrire dans un circuit, une lignée, qui fera gravir les étapes ultérieures.

« Nous avons fait les premières expositions de Vivien Roubaud qui a travaillé ici pendant cinq ans, de même que David Raffini et Florent Pugnaire, Tatiana Wolska, ou encore Natacha Lesueur il y a 20 ans! En même temps, on a exposé Olivier Mosset, Glen Baxter, ou des artistes middle age », énumère le programmateur. La sélection des artistes exposés se fait au gré des désirs des membres.

 

« Il n’y a pas vraiment de méthode. Si je prends Delphine Reist & Laurent Faulon, ou Bertrand Dezoteux, ce sont des artistes que nous voulions exposer depuis plusieurs années. Nous avons également beaucoup de candidatures spontanées que nous étudions, même si 98% ne sont pas forcément intéressantes, et nous fonctionnons aussi par opportunités de rencontres. Je pense à l’exemple de Babi Badalov qui nous avait été présenté de manière informelle et que nous avons exposé ensuite. Nous sommes ouverts sur tous les horizons, les artistes sont de toutes nationalités, de tous milieux, de tous âges ».

Un large spectre de visiteurs

« Nous avons une typologie d’artistes toujours en mouvement, qui amène donc un public très divers. Notre objectif est d’avoir des projets qui vont créer du lien, des débouchés pour les artistes, en les rendant visibles auprès des professionnels de l’art », affirme le directeur artistique. « La Station brasse un public large, les expositions ont pu recevoir la visite de responsables de centres d’art (comme Christian Bernard, ex-directeur du Mamco de Genève), de collectionneurs (nombreux à Nice), de critiques (tels Bernard Marcelis, Philippe Dagen, Claire Moulène, ou encore Jean-Max Colard), de galeristes (Loïc Bénétière, de la galerie Ceysson & Bénétière, ou encore Martine et Thibault de la Châtre), de personnalités telles que Jean-Jacques Aillagon (ex-ministre de la culture, conseiller de François Pinault), d’amateurs éclairés, ou de visiteurs étrangers, qui sont fidèles et reviennent régulièrement », se réjouit Cédric Teisseire.

© Cédric Teisseire

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