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"LE FERMENT DE LA CRÉATION DOIT DEMEURER LA DIVERSITÉ"

Entretien avec Georges-Philippe Vallois,

Galeriste et Président du Comité Professionnel des Galeries d’art.

Extrait

Le secteur avait-il besoin de se professionnaliser davantage, au point de rédiger le Code de déontologie des Galeries d’art que vous avez mis à jour et réédité en 2016 ?
Il en avait et en a toujours besoin. Il n’était plus adapté à la composition du Comité qui s’est considérablement rajeunie ni à l’évolution des mentalités, du travail des galeries, du marché de l’art, ni aux nouveaux outils de promotion, et à lacapacité des artistes à changer de galerie.

Il est important que des règles soient rédigées et rendues publiques pour l’image des galeries.

« Nous prônons ici une transparence commerciale et relationnelle, une volonté de respecter les acquis des artistes et des galeristes »

Pour un trop grand nombre d’interlocuteurs, le galeriste est perçu de façon caricaturale comme un marchand qui aurait tout pouvoir sur l’artiste. C’est une contre-vérité. Il y a des obligations pour les uns et les autres, et ça va mieux en l’écrivant qu’en le disant !

Tout le monde s’accorde à dire qu’il y a de moins en moins de monde en Galerie. Est-ce pour pallier le manque de visiteurs que vous mettez en place des événements du type « un dimanche à la Galerie » ?

Oui, c’est en partie pour cela, mais également pour renforcer nos relations avec la Mairie de Paris, rappeler une évidence : les galeries demeurent les seuls espaces totalement gratuits d’exposition ouverts à l’année. Nous sommes d’ailleurs conscients qu’une manifestation de ce type reste à organiser en région.

A quoi cette baisse de fréquentation est-elle due ?

Tout s’est accéléré. De fait, les collectionneurs, même si leur nombre s’est accru, sont sollicités de façon beaucoup plus agressive qu’ils ne l’étaient préalablement. Par ailleurs, le virtuel donne le sentiment que l’on peut tout visiter sans se déplacer. Si l’on ajoute à cela la multiplication des foires, l’on constate qu’un certain nombre d’instruments supposés aider à la communication et à la connaissance resserrent en vérité le spectre de galeries visitées.

« Les réseaux sociaux mettent en valeur avant tout un petit nombre d’informations dont les incidences sont démultipliées dès lors qu’une médiagénie entoure l’artiste ou l’événement artistique »

De la même façon, les foires donnent selon moi une image déformée de ce qu’est la réalité artistique. Les chiffres en attestent, la proportion des galeries identiques dans les grandes foires internationales ayant augmenté de 30 % en 10 ans.

« Cela est de nature à engendrer une standardisation de la création qui va à l’encontre de sa nécessaire diversité »

Loin d’augmenter le choix, les nombreuses sources « d’informations » ont accentué les similitudes de comportements et de jugements esthétiques ; « s’ils sont si nombreux à apprécier tel ou telle, c’est que c’est bien ». De fait, ce que l’on croit être du ressort de son choix est de plus en plus massivement orienté. (...) Cette cascade informationnelle est donc bien souvent une illusion de choix et, plutôt que de tempérer les tendances par une pluralité des sources, elle ne fait que les accentuer. Je pense que son développement peut à terme devenir mortifère pour une création dont le ferment doit demeurer la diversité.

Georges-Philippe Vallois, président du Comité Professionnel des Galeries d’Art, lors de l’assemblée générale de décembre 2017,

© LUCCI.

Retrouvez le grand entretien complet dans la revue papier Art Insider de Septembre 2018

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