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LES COLLECTIONS D’ENTREPRISE, COMMENT ÇA MARCHE ?

Reportage

L’exemple de la Société générale

On y pense rarement, mais les entreprises peuvent être un moyen, pour un artiste, d’intégrer une collection et de montrer son travail à un public divers. Forte d’une campagne d’acquisition annuelle et d’expositions ouvertes au grand public, la Société générale nous explique son mode d’acquisition et le rayonnement de sa collection.

(extrait)

Défense de l'art

Avec plus de 1 200 œuvres au compteur, la collection d’entreprise de la Société générale est une des plus fournies et accessibles du territoire national. Impulsée par Marc Viénot, ancien PDG de l’établissement bancaire et amateur d’art, elle trouve son point de départ à l’installation de son siège social à la Défense en 1995, afin de «donner une âme» à un bâtiment minéral et monumental.

La banque fait alors appel à des experts externes : Guy Boyer, rédacteur en chef de Connaissance des arts et Olivier Fau de chez Sotheby’s, qui soumettent des propositions à la direction générale. Et depuis 2011, un concours interne est également organisé auprès des collaborateurs afin de les associer à la campagne d’acquisition.

Disposant d’un budget total de 300 000 €, le comité se réunit une à deux fois par an, intégrant essentiellement des œuvres d’artistes européens et africains (environ 50 % français, 50 % étrangers). « 90% des achats d’œuvres se font auprès de galeries. On travaille régulièrement avec certaines, mais cela dépend plus du travail de l’artiste et de la prospection qui est faite en amont par les experts. C’est assez ouvert. On travaille autant avec des grandes galeries (Perrotin pour la plus connue), que des galeries plus modestes comme Semiose, Christophe Gaillard, Backslash Gallery, Nathalie Obadia… Le reste se fait auprès de jeunes artistes en direct ».

Rayonnement

Car, en effet, la Société générale est un lieu d’exposition à part entière. En plus de la visibilité interne, la Société générale, qui fonctionne en régie directe dans la gestion de sa collection, présente deux expositions par an ouvertes au public, au 1er étage de son siège.

Et, au fur et à mesure des années, la collection s’est davantage «curatisée». « Jusqu’en 2010, il n’y avait pas de lien entre les œuvres de la collection, pas de ligne directrice », explique Laure-Hélène Pérrocheau, responsable du mécénat culturel. «Nous avons connu plusieurs phases, la première de 1995 à 2010, autour d’une collection décorative dispatchée dans les étages. À partir de 2010, une deuxième phase d’ouverture au grand public, via la carte blanche à des commissaires indépendants, pour donner une cohérence et rythmer une programmation d’expositions plutôt pluridisciplinaires. »

« On fonctionne par invitations, rencontres, opportunités, en fonction des thématiques – le voyage, les utopies, l’architecture – qui nous sont chères. Aujourd’hui, on entre dans une nouvelle phase : on cherche à proposer de nouveaux concepts d’exposition, en faisant venir des œuvres en tant que telles, et être reconnu comme un lieu d’exposition », précise la responsable.

Par ailleurs, elle multiplie les partenariats à destination d’étudiants en art. Dans la politique même de son activité de mécénat, la Société générale se veut donc ouverte et accessible à tous, dans un quartier d’affaires loin d’être celui de l’art contemporain. Contre toute attente, c’est sans doute l’occasion pour un artiste qui intègre la collection d’atteindre ici un public des plus larges.


© Courtesy Collection Société Générale – Photo : Aurélien Mole

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