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Ma 1ère fois

 

Keren Detton

Directrice du Frac Grand Large, Hauts de France

En 2004, j’étais l’assistante de Stéphanie Moisdon, pour l’exposition « Before the end », au Consortium de Dijon. Le sujet était de demander aux artistes leur première œuvre justement ! Eux aussi devaient chercher dans leur mémoire, et nous fournir des éléments d’informations sur ce qu’ils considéraient être leur première œuvre. C’est une histoire qui s’écrivait dans un dialogue avec les artistes, qui devaient eux-mêmes décider d’un point d’origine, avec tout le sens que cela prend soudain de choisir telle ou telle pièce, à tel ou tel moment, en effaçant parfois tout un pan de leur début, ou en fictionnalisant l’affaire. Le projet était intéressant du point de vue de l’historicisation, la manière dont on écrit l’histoire de l’art.

Au même moment, Stéphanie Moisdon avait rencontré Olivier Mosset qui travaillait sur un projet parallèle : il consistait à réunir les dernières œuvres d’artistes avant qu’ils ne deviennent artistes conceptuels. Les deux expositions étaient donc présentées à la même date au Consortium. Prise de passion par le projet d’Olivier Mosset, je me suis retrouvée à travailler sur les deux projets, puisque j’avais moi-même étudié l’art conceptuel à l’Université, en particulier le mouvement Art & Language. Olivier Mosset n’avait pas trouvé d’œuvres en prêt de ce collectif pour l’exposition et leur nom avait donc été mis de côté.

J’ai cherché par tous les moyens possibles à faire figurer ce groupe : j’ai multiplié les contacts, rappelé des critiques d’art qui avaient suivi mon mémoire de maîtrise (Christian Schlatter entre autres), contacté les galeries, etc. Si je n’avais pas été assistante à ce moment-là, si je n’avais pas consacré un mémoire de maîtrise à ces artistes, Art & Language n’aurait pas été associé à ce beau projet. Ça m’a aussi confortée dans une direction en tant que commissaire, autour de projets curatoriaux qui ne soient pas stricto sensu thématiques mais qui impliquent un processus de fabrication de l’exposition qui fasse sens, qui évolue selon des échanges, des rencontres et qui permette de révéler autrement les œuvres. C’est quelque chose qui a nourri ma manière de regarder et de faire des expositions.

Crédit : FRAC Grand-Large-Hauts-de-France

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