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Ma 1ère fois sans l’artiste.

Christine Van Assche,

Commissaire d’exposition, historienne d’art, spécialisée en nouveaux médias

« Avec cette exposition dédiée à Chris Marker à la Cinémathèque française, c’est la première fois que je travaille sur les archives de quelqu’un que j’ai connu vivant.

Chris Marker est décédé en 2012 et a laissé un appartement-studio dans lequel, depuis les années 1960, il avait conservé des livres, DVD, cassettes vidéo, CD, photos, dossiers... Il est mort sans avoir laissé de testament indiquant le sort que l’on devait réserver à ces archives.

C’est la Cinémathèque qui les a acquises, mesurant qu’il s’agissait là d’une archive personnelle mais aussi une archive sur l’histoire du siècle. Chris Marker s’intéressait à beaucoup de sujets très différents. Il avait à la fois constitué des dossiers sur les technologies, certains faits historiques ou certains personnages, cinéastes, politiciens, ou encore écrivains.

Avec mes deux collègues, Raymond Bellour et Jean-Michel Frodon, nous avons travaillé sur ces archives pendant trois ans et demi. Pour moi, cette exposition a été totalement expérimentale. Au départ, nous étions un peu perdus face à 500 dossiers, plus de 570 cartons de livres et d’objets, et 42000 photographies tous formats ! Un des éléments d’archives qui m’a particulièrement émue, ce sont les carnets de collage. Il ne m’en avait jamais parlé. Il ne parlait jamais du passé de toute façon. Ce sont des trésors qui peuvent expliquer la suite du travail.

Cette exposition a été l’occasion de redécouvrir et d’élargir la vision que l’on pouvait avoir de ce personnage complexe, ce génie encyclopédique, que nous avions tous les trois connu. Je pensais le connaître, mais je connaissais surtout son présent. Toute sa vie, il aura voulu rester énigmatique, en retrait de la vie sociale et politique, tout en étant très actif et très connecté avec de nombreuses personnes.

Pour une Cinémathèque, il s’agit également d’un défi. Car dès 1982, Chris Marker travaillait sur ordinateur et a très vite numérisé papiers et photos, constituant une double base d’archives. C’est la première fois que la Cinémathèque française récupère des ordinateurs et des disques durs à conserver – ce qui a beaucoup élargi son domaine de conservation et remis en question certaines méthodes de travail et de stockage –, et la première fois qu’elle ouvrira un fonds pour un réalisateur sous forme de bibliothèque virtuelle. Nous espérons donner envie à de futurs chercheurs d’ouvrir de nouvelles pistes de travail sur l’œuvre de Marker. »

Christine Van Assche est co-commissaire de l’exposition consacrée à Chris Marker

à la Cinémathèque française jusqu’au 29 juillet 2018.

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